Portrait - Chantier Naval Bernard

Redonner vie aux bateaux bois

Créé en 1972, le chantier de Saint-Vaast-la-Hougue est spécialisé dans la restauration navale. A son actif, rien moins que le Fleur de Lampaul, le Marité et l’Hermione…

Au milieu du 19e siècle, Saint-Vaast-la-Hougue comptait une vingtaine de chantiers de réparation et de construction navales, d’où sortaient bisquines, chalutiers et terre-neuviers… Le chantier naval Bernard, quant à lui, date de 1972, année où Gérard Bernard reprend les chantiers Fouaces et Guérand. Gérard Bernard dessine lui-même les embarcations qu’il fabrique : ici, jusqu’en 1991, seront construits plus de 15 bateaux en bois, essentiellement destinés à la pêche, parmi lesquels l’Artémise, le Majesty ou le Louis-Pauline. Puis, l’activité «  pêche » étant en recul, l’heure n’est plus vraiment à la construction : le chantier Bernard assure alors la maintenance et la restauration d’une flottille vieillissante. Les collectivités ont investi dans un nouveau bâtiment en 1978 et dans une cale de carénage en 2000 pour pérenniser localement l’activité de Saint-Vaast-la-Hougue. L’année suivante, le chantier investit dans un deuxième charriot de levage pour les opérations de maintenance. 
Gilles Auger s’en souvient comme si c’était hier : « Je suis arrivé ici en février 2001. Passionné de charpente navale, j’étais déjà client du chantier, ce qui a créé un lien avec Gérard Bernard… » La suite ? « Je suis tombé amoureux de ce coin de Normandie, et surtout de ce chantier. Gérard Bernard  voulait passer la main, alors je me suis lancé… ». Ancien du Centre spatial de Kourou, en Guyane, Gilles Auger est surtout issu d’une famille de charpentier-ébénistes : « J’ai été élevé dans les copeaux ». Son grand regret est de n’avoir guère eu le temps de partager cette passion pour les bateaux bois avec son père, décédé en 2006. Désormais aux commandes du chantier, il accueille bateaux de pêche et voiliers venus pour toutes sortes de travaux d’entretien et de restauration. « Jusqu’en 2004, le chantier a surtout travaillé pour la pêche,  qui représentait 90% de notre activité. Depuis la proportion s’est inversée au profit de la plaisance. »
De 2004 à 2006, le chantier s’attaque au Fleur de Lampaul, un dundée breton de transport de marchandises de 1947 racheté en 2002 par la Fondation Nicolas Hulot : « C’était la première fois qu’un bateau de cette taille, une vingtaine de mètres, était ainsi quasiment reconstruit. » Le Fleur de Lampaul est classé au titre des monuments historiques depuis 1987. Racheté en 2010 par Gilles Auger, il poursuit sa carrière, non plus en transportant des marchandises ou des matières premières, mais des touristes au départ de Saint-Vaast.
Fort de l’expérience acquise, le chantier accueille de 2007 à 2011 le Marité, un trois-mâts goélette construit en 1921 à Fécamp. Dernier terre-neuvier français en état de naviguer, il a pratiqué la pêche traditionnelle à la morue sur les bans de Terre-Neuve dans les années 1920, avant de connaitre bien des vicissitudes, échappant de justesse à la destruction. Racheté par un groupement de collectivités locales, dont le département de la Manche, il est confié au chantier naval Bernard. « Sur le Marité, nous avons fait toute la charpente, l’ébénisterie, la chaudronnerie, la forge, le tournage, le fraisage… ici, nous faisons tout, sauf les voiles, l’électricité et la mécanique moteur… » On retrouvera peu de temps après la démonstration de ce savoir-faire avec l’Hermione, dont le chantier Bernard  réalise le bordage et le calfatage. « Il existe de nombreux petits chantiers navals, en Bretagne par exemple, avec seulement deux ou trois compagnons charpentier de marine, mais il n’y en a que deux ou trois en France qui sont capables de réparer de grosses unités comme l’Hermione ou le Marité. Nous en faisons partie ». Suivront La Savoie, une barque de 30 mètres du lac Léman ou le André-Yvette, une gabare de la mer d’Iroise « et bien d’autres jolis yachts et voiliers de plaisance… »

En chiffres

  • 1,2 millions de chiffre d’affaires
  • 20 salariés

Monuments historiques flottants

Ce n’est qu’en 1982 que le Ministère de la culture a reconnu le caractère patrimonial des navires. Les deux premiers à être classés étaient un ancien bateau école, le trois mâts carré Duchesse-Anne (1901) et un bateau de charge, le Mad-Atao (1938).

www.chantier-naval-bernard.com

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Michèle Frêné & Florence Basseux
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