Portrait- Fonderie Cornille Havard

Sculpteurs de sons depuis 150 ans

La vénérable vieille dame a su mettre en accord une tradition séculaire et les technologies les plus récentes.

« Le son des cloches fait partie de notre univers sonore depuis des siècles. C’est une partie de notre patrimoine », constate Paul Bergamo, de la fonderie Cornille Havard. L’entreprise qu’il dirige est effectivement l’héritière d’une lointaine tradition de fondeurs de cloches. Au Moyen-Âge, les fondeurs étaient itinérants, allant au gré des commandes d’une église à une cathédrale et ce n’est qu’en 1865 qu’Adolphe Havard, ingénieur polytechnicien,  fait édifier l’atelier actuel et sédentarise l’activité à Villedieu-les-Poêles. Dès 1874, les cloches Havard sont réputées et exportées partout dans le monde. En 1903 Adolphe s’associe à son gendre Léon Cornille : la fonderie Cornille-Havard était née.
Interrompue en 1944, l’activité est relancée dès 1946 par Marguerite, la fille de Léon Cornille, qui ne cèdera la fonderie qu’en 1981 à Françoise et Luigi Bergamo. « Mes parents sont arrivés à Villedieu un peu par hasard et y sont restés car ils avaient le professionnalisme et les compétences requises pour remettre à niveau cette entreprise un peu vieillissante, dont l’activité multiséculaire les passionnait. » Luigi, ingénieur de l’école Centrale, assure la direction technique, mettant au point  les premières modélisations de tracés assistées par ordinateur et le contrôle acoustique sur analyseur de spectre électronique. Françoise prend en main la partie commerciale, développe l’activité touristique avec l’ouverture au public de l’atelier.
En 2001, Paul Bergamo, de formation commerciale, rejoint ses parents et contribue à développer l’activité. Mais peut-être serait-il plus juste de parler d’activités au pluriel ? « C’est vrai, nous avons plusieurs  métiers ». Fondeur de cloches et de carillons, producteur de bronzes d’art et de décoration, Cornille-Havard est aussi campaniste, c’est-à-dire que nous conçevons, réalisons, installons entretenons et restauront les mécanismes des cloches et des horloges d’édifices, religieux ou non. La fonderie est enfin un acteur touristique de premier plan, qui accueille chaque année plus de 50 000 visiteurs dans son atelier de fabrication.
Et la visite vaut le détour… Les méthodes de fabrication des cloches, sont restées pour l’essentiel traditionnelles : les moules sont, aujourd’hui comme il y a des siècles, fabriqués « au trousseau » à l’aide d’argile et de crottin de cheval. Mais la recherche de la perfection musicale vaut bien de faire appel à des technologies qui ne doivent pas grand chose aux compagnons de l’époque médiévale : les profils de cloches sont calculés par ordinateur, les gabarits découpés au laser, et le contrôle de sonorité effectué grâce à un analyseur de spectre électronique. Innover n’est pas une fin en soi : « Nous ne le faisons que là où nous estimons que c’est pertinent. Mais comme nous sommes positionné sur le haut de gamme, nous devons sans cesse chercher à nous améliorer ». C’est ainsi que depuis 2003, Cornille-Havard est l’une des deux seules fonderies au monde à couler les cloches à l’envers. Cette technique, par un remplissage plus doux et plus lent, a permis d’optimiser considérablement la qualité de fonderie, pour une esthétique améliorée et surtout une bien meilleure sonorité.
Les technologies les plus modernes peuvent être aussi mises au service d’un lointain passé : « Nous avons numérisé la plus vieille cloche de France, conservée au musée de Bayeux. A partir de cette cloche fondue en 1202, aujourd’hui fêlée, nous avons pu recréer trois cloches neuves »… Et ainsi, faire renaitre une sonorité venue du fonds du Moyen-Âge, il y a mille ans…  

En chiffres

  • 150 ans d’existence
  • 50 000 visiteurs payants en 2015
  • 100 cloches monumentales coulées chaque année

Quasimodo les aurait-il aimées ?

A l’occasion des 850 ans de la cathédrale Notre-Dame de Paris, neuf nouvelles cloches ont été commandées à la fonderie Cornille-Havard. Elles ont sonné pour la première fois le 23 mars 2013.

www.cornille-havard.fr

Contact presse

Michèle Frêné & Florence Basseux
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mfc@michele-frene-conseil.fr
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