Portrait - Les Parapluies de Cherbourg

Des parapluies comme s’il en pleuvait

Descendant d’une longue lignée de tanneurs installés à Cherbourg au début du 19e siècle, Jean-Pierre Yvon a donné vie au « compagnon irrésistible des temps incertains ».

Jean-Pierre Yvon, en 1963, assiste « tous les jours en rentrant de l’école » au tournage des Parapluies de Cherbourg,  de Jacques Demy. Grâce au film, le port normand devient célèbre partout dans le monde. Bien plus tard, devenu photographe professionnel, il découvre au cours de ses voyages que l’appellation « Parapluie de Cherbourg » est mondialement connue. En 1981, il revient dans son Cotentin natal et ouvre dans le centre piéton une petite boutique de cadeaux exotiques, de bijoux et de soieries.
Cet amoureux du bel objet est aussi un visionnaire. Il a en tête une idée un peu folle : « Créer un parapluie d’exception, solide et beau, portant le nom de ma ville. Car si l’appellation est célèbre, le parapluie de Cherbourg, concrètement, n’existe pas ». En 1986, Jean-Pierre Yvon dépose la marque « Le Véritable Cherbourg » et crée trois premiers modèles, dont il confie la fabrication à un sous-traitant. L’idée n’était pas si folle, semble-t-il : le succès est immédiat. Dix ans plus tard, il réalise enfin son rêve : ouvrir sur place, à Cherbourg, une manufacture de parapluies, une activité en voie de disparition (il ne reste aujourd’hui, que quatre ou cinq fabricants en France). « Heureusement, il subsiste dans le Cotentin un savoir-faire, je fais travailler une vingtaine d’entreprises locales en sous-traitance. »
L’entreprise démarre avec une petite équipe de « manufacturiers » recrutés pour leur savoir-faire et leur respect de la qualité. Une qualité « à l’ancienne », privilégiant les matières nobles, mais qui n’exclut pas la recherche et l’innovation : chaque modèle est testé, vérifié. Les procédés de fabrication sont sans cesse améliorés… « Je les fait tester en soufflerie pour vérifier leur solidité et leur résistance : même par un vent de face de plus de 100 km/h, nos parapluies ne se retournent pas ! » ( Test réalisé par l’Institut Aérotechnique  des Arts et Métiers de Saint-Cyr-l’École). En 2007, il obtiendra le premier prix du salon de la Haute Façon « le Made in France » à Paris. La marque connait un succès croissant, et Jean-Pierre Yvon ne cesse de créer de nouvelles gammes, des tailles, assorties à chacun, dans 40 coloris, des séries limitées à l’occasion de grands événements, des modèles spéciaux pour des cadeaux d’entreprises. En 2011, c’est avec son fils Charles qu’il va même créer le ParaPactum, un instrument de protection rapprochée.
Décidé à offrir un écrin digne de ce nom à sa marque, Jean-Pierre Yvon se met à la recherche d’un lieu apte à accueillir la manufacture, une boutique et un musée, un lieu de beauté et de culture qui soit aussi ouvert aux expositions, aux conférences, aux cocktails… « Quai Alexandre-III, au bord du bassin du Commerce, le magnifique immeuble Belle Epoque de l’ancienne succursale de la Banque de France était à vendre. « Je l’ai acheté ! ». Jolie revanche : il fut un temps où les banques rachetaient à vil prix les pépites de l’industrie française en difficulté… Après y avoir investi plusieurs millions d’euros, il fait de ce lieu unique « un nouveau pôle touristique et patrimonial, où l’on découvre à travers des baies vitrées les manufacturiers à l’œuvre et l’atelier des brodeuses ».
L’aménagement, les équipements (marbres, meubles, matériel de projection vidéo…) : tout a été fait par des entreprise françaises, voire locales. Haut de cinq mètres, le décor a été pensé spécialement pour mettre en valeur les parapluies. On sent l’œil exercé de l’ancien photographe, de l’amateur de beau : « Le Véritable Cherbourg, ce compagnon irrésistible des temps incertains, est comme un objet d’art, il sollicite tous les sens. » La vue, par ses formes, ses galbes, sa quarantaine de coloris différents. Le toucher, avec ses matières nobles, tissus, bois, laiton massif. Et même l’ouïe : « Je peux reconnaitre n’importe lequel de mes modèles au son qu’il produit à l’ouverture et à la fermeture… »

En chiffres

  • 8 gammes
  • 40 coloris
  • 15 collaborateurs
  • 2 000 m2 de surface sur le nouveau site

Des Parapluies de Cherbourg aux Tontons flingueurs

Si Jean-Pierre Yvon a assisté au tournage du film de Jacques Demy, c’est une réplique tirée du polar culte de Georges Lautner qu’il aime citer :  « Le prix s’oublie, la qualité reste »

www.parapluiedecherbourg.com

Contact presse

Michèle Frêné & Florence Basseux
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